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Sous le chapiteau, le Soldat Rose révèle les jeunes autrement
13/01/2026
Le Pôle Médico-Éducatif de l’Essonne a transformé son terrain de sport en scène de spectacle. Sous un chapiteau de cirque, 300 spectateurs par représentation ont découvert une adaptation inclusive du conte musical Le Soldat Rose de Louis Chedid et Pierre-Dominique Burgaud. Un moment suspendu, mêlant émotion, créativité et engagement collectif.
Un projet né de l’envie de faire ensemble
Pendant trois mois, jeunes et professionnels ont travaillé côte à côte pour donner vie à ce projet artistique ambitieux. Au total, 34 jeunes ont participé, sur scène ou à la fabrication des décors, accompagnés par une trentaine de professionnels du pôle. Pour beaucoup, c’était une première expérience scénique.
« On s’est tous retrouvés dans l’inconnu, jeunes comme adultes. Cette égalité face à l’expérience a créé une vraie cohésion », souligne Manuel Teixeira, directeur de l’établissement. « Chacun a dû dépasser ses appréhensions, apprendre à faire confiance au groupe. »

« La Fondation a pour objet de promouvoir des actions sociales, culturelles et philanthropiques », article 1 des statuts de la Fondation Léopold Bellan.
Quand l’art devient thérapeutique
Porté par la psychomotricienne Madleen Gasnier pour la conception et l’organisation et par l’éducatrice technique spécialisée Delphine Despres pour la création des décors, le projet a été pensé comme un espace d’expression accessible à tous.
L’histoire originale a été adaptée pour valoriser les compétences de chacun. « L’idée n’était pas de faire entrer les jeunes dans un cadre rigide, mais de construire le spectacle à partir de ce qu’ils pouvaient et voulaient donner », explique Madleen Gasnier. Le corps, la voix et le mouvement sont devenus de véritables outils thérapeutiques, favorisant l’estime de soi, la gestion des émotions et la relation à l’autre.
Cette aventure s’est aussi enrichie d’un partenariat avec l’association Danaé Danse Boutigny. Six danseuses ont intégré le spectacle dans une démarche d’« inclusion inversée ». « Ce sont les jeunes qui ont accueilli les danseuses dans leur projet. Leur présence a été un appui précieux, sur scène comme en coulisses. », poursuit-elle.
Au-delà de la représentation, le spectacle a offert un autre regard sur le handicap. Le temps d’une soirée, les jeunes n’étaient plus définis par leurs difficultés, mais par leur engagement et leur sensibilité. Fort de cette réussite collective, le pôle souhaite désormais aller plus loin. « Ce projet ouvre des perspectives. Pourquoi ne pas développer d’autres créations autour du spectacle vivant ? », conclut le directeur.
Une chose est sûre : cette dynamique collective ne demande qu’à se poursuivre.